Le face pull travaille l’arrière des épaules et le haut du dos. Pour en profiter, pas besoin de charger lourd. Le plus important est de régler la poulie à la bonne hauteur, de bien écarter les mains et de contrôler le retour. On voit tout ça en détail.
Quels muscles travaille le face pull ?
Le face pull consiste à ramener une corde vers le visage en écartant les mains. Ce geste fait travailler plusieurs muscles en même temps, notamment les deltoïdes postérieurs et les muscles situés entre les omoplates. Les bras reculent, les coudes se plient et les omoplates se rapprochent pendant le tirage.
Pour retenir l’essentiel, voici les muscles sollicités :
- Le deltoïde postérieur, à l’arrière de l’épaule, participe au déplacement du bras vers l’arrière.
- Les trapèzes moyens et les rhomboïdes accompagnent le rapprochement des omoplates. C’est notamment leur travail que tu peux sentir entre les épaules.
- L’infra-épineux et le petit rond interviennent dans la rotation externe de l’épaule, lorsque tu réalises cette partie du mouvement.
- Les muscles des bras et du tronc participent au tirage et à la stabilité, sans être les cibles principales de l’exercice.
Il existe une nuance importante entre ramener simplement la corde vers le visage et terminer le mouvement avec une rotation externe des épaules. Dans cette seconde version, l’infra-épineux et le petit rond participent davantage. Cette rotation vient des épaules, pas d’un mouvement forcé des poignets. Ne cherche pas à ramener les mains le plus loin possible derrière la tête. Une amplitude confortable et bien contrôlée est préférable.
Le face pull complète bien une séance dos ou épaules, mais ce n’est pas un exercice miracle pour la posture. Il ne suffit pas d’en faire quelques séries pour faire disparaître une douleur ou corriger des épaules enroulées.
Comment bien réaliser le mouvement à la poulie ?
Installe une corde sur la poulie et commence avec une charge légère. Recule suffisamment pour tendre les bras sans te retrouver collé à la machine. Tu dois pouvoir écarter les mains librement, sans que la corde ou le mousqueton te gêne. Avant de lancer une série, prends le temps de vérifier le réglage.
À quelle hauteur régler la poulie ?
Commence avec la poulie à hauteur du visage. Tu pourras ainsi tirer la corde vers les yeux ou le front sans lever les bras de façon excessive. Selon ta taille et la machine, il faudra peut-être monter ou descendre le câble de quelques crans. Ce qui compte, c’est la direction du tirage, pas un réglage identique pour tout le monde.
Si tu places la poulie très haut, tu risques de tirer vers le bas. Trop basse, elle peut t’amener à ramener la corde vers la poitrine. Essaie quelques répétitions avec une charge légère et ajuste si nécessaire. La hauteur de la poulie ne suffit pas, à elle seule, à déterminer les muscles travaillés. La position des bras compte aussi.
Bien se positionner et tenir la corde
Prends une extrémité de la corde dans chaque main, puis recule jusqu’à ce que le câble soit tendu. Place les pieds à largeur de bassin, les genoux légèrement fléchis. Si tu te sens plus stable avec un pied un peu en arrière, garde cette position. Le buste reste droit et tu dois pouvoir tenir sans que la charge te tire vers l’avant.
Pour tenir la corde, tu peux avoir les paumes plutôt tournées vers le bas ou davantage face à face. Je privilégierais la prise qui te permet d’écarter les mains sans plier les poignets. Si tu réalises une rotation externe en fin de tirage, elle doit venir des épaules. Tourner seulement les poignets ne suffit pas.

Le mouvement étape par étape
Le mouvement consiste à ramener la corde près du visage en écartant progressivement les mains. Les coudes partent sur les côtés et vers l’arrière. Pendant ce temps, garde la tête et le buste stables. Tu n’as pas besoin de donner un coup de reins pour terminer la répétition.
- Commence les bras tendus, avec le câble sous tension et le buste stable.
- Ramène la corde vers le visage en pliant les coudes et en les ouvrant progressivement.
- Sépare les mains de part et d’autre du visage. Si tu ajoutes une rotation externe, laisse les avant-bras s’orienter naturellement, sans forcer les poignets.
- Arrête la traction avant de perdre le contrôle du buste ou de ressentir une gêne articulaire.
- Déplie les bras au retour, lentement, en laissant aussi les omoplates repartir naturellement.
Tu n’as pas à ramener les mains derrière la tête. Arrête le tirage lorsque tu ne peux plus aller plus loin sans forcer les épaules ou bouger le buste. L’angle des coudes varie d’une personne à l’autre, et ce n’est pas un problème. Tu peux souffler pendant le tirage et inspirer au retour.


Les deux photos montrent la position de départ et la fin du tirage. Sur la seconde, le pratiquant se penche davantage en arrière. Essaie au contraire de garder le buste dans la même position. La corde doit revenir vers ton visage sans que tu aies besoin de te balancer. La photo suivante permet de voir plus clairement comment les mains s’écartent près des tempes.
Au retour, accompagne la corde jusqu’à ce que les bras soient tendus. Les omoplates peuvent s’écarter naturellement. Si la pile de poids retombe d’un coup ou si tu es entraîné vers la machine, réduis la charge.
Les erreurs à éviter
C’est souvent en fin de série que les défauts apparaissent. Au départ, la corde arrive bien près du visage. Quelques répétitions plus tard, les mains descendent, le dos se cambre et on finit par tirer avec tout le corps. Ce n’est pas grave de s’en apercevoir, mais mieux vaut corriger plutôt que continuer de la même manière.
La charge trop lourde reste l’erreur la plus fréquente. Si tu dois te pencher franchement en arrière, enlève quelques kilos. Les dernières répétitions doivent rester proches des premières, même lorsqu’elles deviennent difficiles.
Regarde aussi où tu ramènes la corde. Si les mains restent serrées devant la poitrine, tu te rapproches d’un tirage haut classique. Pour faire un face pull, amène-les de chaque côté du visage en ouvrant les coudes, sans forcer l’amplitude.
- Tu avances la tête vers la corde : garde la tête dans le prolongement du dos et ramène plutôt la corde vers toi.
- Les épaules montent excessivement : réduis la charge et retrouve un mouvement plus contrôlé.
- Les poignets se tordent pour imiter une rotation externe : ajuste la prise et limite l’amplitude.
- La pile de poids claque à chaque retour : ralentis et accompagne les bras.
Tu sens surtout le haut du dos ? C’est normal : les trapèzes et les rhomboïdes participent au tirage. En revanche, si tu hausses les épaules à chaque répétition pour réussir à soulever la charge, revois le poids ou le réglage de la poulie.
Si tu as mal à l’épaule pendant le mouvement, arrête la série. Essaie ensuite une charge plus légère ou une amplitude plus courte, sans forcer. Si la douleur persiste ou revient souvent, demande conseil à un professionnel de santé. Le face pull n’est pas un exercice de rééducation à improviser.
Les variantes du face pull avec ou sans poulie
La version debout à la poulie est la plus simple pour apprendre le geste. Tu peux aussi faire du face pull avec un élastique, assis ou à genoux. Ces variantes peuvent être pratiques selon ton matériel, mais elles ne sont pas forcément meilleures. Garde celle qui te permet de travailler correctement.
Le face pull avec élastique à la maison
Si tu t’entraînes chez toi, un élastique peut remplacer la poulie. Fixe-le à un point d’ancrage solide, prévu pour supporter une traction, et vérifie qu’il n’est pas abîmé. C’est particulièrement important avec un élastique dirigé vers le visage.

Pars les bras tendus, puis tire l’élastique vers le visage en écartant les mains. Reviens ensuite sans relâcher brusquement la bande. Plus tu étires l’élastique, plus il devient difficile à tirer. Si tu dois te pencher en arrière pour terminer le mouvement, choisis une bande moins résistante.
Sur la photo, l’élastique est attaché au-dessus de la tête. Tu peux placer ton ancrage plus bas si cela te permet de ramener plus facilement les mains près du visage. Vérifie surtout que la fixation est adaptée et que tu gardes le contrôle.
Face pull assis ou à genoux : ce qui change
Si tu as tendance à te balancer pendant tes séries, essaie le face pull assis. Tu pourras te concentrer davantage sur le tirage, à condition de ne pas compenser en penchant le buste en arrière. À genoux, les appuis changent aussi. Dans les deux cas, règle la poulie en fonction de ta position : la hauteur utilisée debout ne conviendra pas forcément.
Ne confonds pas le face pull assis avec le tirage horizontal. Dans ce dernier, tu ramènes généralement la poignée vers le ventre. Au face pull, la corde arrive près du visage et les mains s’écartent.
Face pull ou oiseau avec haltères : lequel choisir ?
Le face pull et l’oiseau avec haltères sollicitent tous les deux l’arrière des épaules, mais pas de la même manière. À l’oiseau, tu écartes les bras, généralement avec le buste penché ou appuyé sur un banc. Au face pull, tu plies davantage les coudes pour ramener la corde vers le visage.
| Exercice | Ce qui le distingue | Quand le choisir |
|---|---|---|
| Face pull | Tirage vers le visage, ouverture des mains, rotation externe possible | Associer arrière d’épaule et haut du dos |
| Oiseau avec haltères | Écartement des bras contre la gravité | Mettre l’accent sur le deltoïde postérieur |
| Reverse pec deck | Écartement guidé sur machine | Préférer un mouvement davantage encadré |
Tu peux garder les deux dans ton programme si tu apprécies ces mouvements. L’oiseau permet de travailler les deltoïdes postérieurs avec un geste d’écartement. Le face pull ajoute un tirage qui sollicite aussi les muscles entre les omoplates. Si tu veux surtout travailler la rotation externe, un exercice dédié sera parfois plus facile à doser.
Deux haltères tenus debout ne reproduisent pas exactement un face pull. Leur poids tire vers le sol, tandis qu’une poulie exerce une traction dans la direction du câble. Tu peux travailler certains muscles en commun, mais le mouvement n’est pas identique.
Quelle charge choisir et combien de répétitions faire ?
Le face pull n’est pas l’exercice sur lequel je chercherais à battre un record. Prends une charge qui te permet de garder une technique régulière jusqu’à la dernière répétition. Et ne te fie pas uniquement aux kilos affichés : selon le système de poulies, deux machines peuvent offrir une résistance différente.
Pour tes premières séances, tu peux partir sur 2 à 3 séries de 12 à 20 répétitions. Choisis un poids qui te laisse le temps de bien effectuer chaque tirage. Si tu dois te pencher en arrière ou si la corde n’arrive plus près du visage, arrête la série. Il vaut mieux faire quelques répétitions de moins que finir avec un mouvement complètement différent.
Pour progresser, commence par ajouter des répétitions sans changer la charge. Par exemple, si tu fais trois séries de douze, essaie d’en faire treize ou quatorze la fois suivante. Quand tu atteins le haut de ta plage de répétitions avec une technique régulière, augmente légèrement le poids. Pas besoin d’aller à l’échec à chaque série.
Je placerais plutôt le face pull en fin de séance dos ou épaules, après les exercices principaux. Tu peux aussi faire quelques répétitions légères à l’échauffement, sans fatiguer les épaules avant les mouvements plus lourds. Si ton programme comprend déjà beaucoup de tirages et d’exercices pour l’arrière des épaules, inutile d’en ajouter tous les jours.
Au fil des séances, tu trouveras le réglage et la charge qui te conviennent. Pour l’instant, concentre-toi sur une chose : répéter le même mouvement du début à la fin. C’est une bien meilleure base de progression que d’augmenter le poids trop vite.





